Avec seulement six voitures au départ du Grand Prix des Etats-Unis, dimanche à Indianapolis, la F1 a connu l’événement le plus rocambolesque de son histoire. La faute au manufacturier français Michelin, qui a conseillé à ses écuries-clientes de ne pas courir pour raison de sécurité. Retour chronologique sur la polémique.
Vendredi 17 juin 2005
Deuxième séance d’essais libres : Ralf Schumacher (Toyota) est victime d’un violent accident dans la fameuse courbe de l’Ovale d’Indianapolis. Equipée de pneus Michelin, sa monoplace semble se dérober de l’arrière et s’écrase sur le muret. Le pilote allemand sort indemne de l’accident, lui qui a connu pareille mésaventure au même endroit en 2004 et qui avait déclaré forfait pour plusieurs courses par la suite.
Samedi 18 juin 2005
Ralf Schumacher forfait : Les médecins de la FIA interdisent à Ralf Schumacher, choqué, de participer au Grand Prix le lendemain. Il est remplacé par Ricardo Zonta, lui aussi victime d’un accident lors des essais libres.
Michelin conseille à ses écuries de ne pas courir : Ne connaissant pas les raisons exactes de la violente sortie de route de Ralf Schumacher, les ingénieurs de Michelin recommandent aux écuries qu’ils équipent (Renault, McLaren-Mercedes, Toyota, Williams-BMW, Red Bull, Sauber-Petronas, BAR-Honda) de ne pas courir afin de garantir la sécurité des pilotes. Deux issues sont envisagées : que les raisons de l’accident soient élucidées ou que de nouveaux pneus arrivent immédiatement de France en provenance de l’usine Michelin de Clermont.
Renault ne courra pas sans l’accord de Michelin : Dans la foulée, Flavio Briatore, le patron de Renault, écurie leader aux classements constructeurs et pilotes (avec Alonso), indique que ses voitures ne s’élanceront pas dimanche sans avoir obtenu auparavant le feu vert des responsables du Bibendum. Pendant ce temps, Jarno Trulli (Toyota), le coéquipier de Ralf Schumacher, décroche la première pole de l’histoire de la marque nipponne.
Dimanche 19 juin 2005
Les recherches se poursuivent, des pneus Michelin en route pour Indy : Pendant que les responsables de Michelin cherchent toujours la raison des accidents de Ralf Schumacher et Ricardo Zonta (certaines écuries équipées de Michelin disent ne pas se plaindre des pneus et que les incidents proviendraient de conduites trop agressives de Ralf junior et Zonta), de nouveaux pneus sont partis de France. Problème : selon les règlements de la Fédération internationale, les pneus de qualification et ceux de course doivent être les mêmes.
Michelin demande une dérogation, la FIA refuse : Pour contourner la règle et équiper ses clients de nouveaux pneus, Michelin demande une dérogation à la FIA. Celle-ci refuse catégoriquement.
Michelin refuse de courir : Devant le refus de la FIA d’accorder une dérogation, le manufacturier français indique qu’il n’autorisera pas ses équipes-clientes à courir dans ces conditions.
Michelin fait d’autres propositions : Souhaitant sans doute que le Grand Prix ait tout de même lieu, Michelin propose plusieurs alternatives : que les pneus soient changés plusieurs fois pendant la course (manœuvre interdite selon les règlements sauf en cas de danger constaté par les commissaires) ou que la piste soit modifiée pour faire ralentir les voitures dans la fameuse courbe de l’Ovale. Refus de la FIA qui conseille aux écuries « Michelin » de rouler moins vite pendant la course ou de prendre le risque d’être pénalisées.
Une réunion entre responsables des écuries, de la FIA et de Michelin ne donne rien : Jusqu’au départ théorique du Grand Prix (20h heure française), les différents dirigeants de la F1 tentent de trouver une solution. La FIA reste sur ses positions et refuse de modifier le circuit (chicane dans la courbe) par respect pour les écuries en règle (Ferrari, Jordan et Minardi).
Les écuries « Michelin » ne prennent pas le départ, six voitures s’élancent : Alors que l’on pense que le Grand Prix va se dérouler normalement après que toutes les voitures se sont installées sur la grille un quart d’heure avant le départ, les quatorze monoplaces des sept écuries équipées de Michelin rentrent finalement aux stands après le tour de formation. Seules les voitures de Michael Schumacher, Barrichello (Ferrari), Monteiro, Karthikeyan (Jordan), Albers et Friesacher (Minardi) s’élancent devant un public médusé qui exprime son mécontentement puis quitte les tribunes.
Putain de merde dsl pour l'enervement.